Décryptage XIV - Annonciation
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Crédits image : ©The National Gallery, Londres, Dist. RMN-Grand Palais / National Gallery Photographic Department 

Annonciation, Prédelle du retable de la Maestà
DUCCIO (di Buoninsegna)


1311, National gallery - Londres 43 x 44 cm, Peinture à l’oeuf et fond doré à la feuille sur panneaux de peuplier

Annonciation par Hervé Bacquet

Le cadre architectural dans lequel Duccio a mis en peinture la scène de l’Annonciation est une sorte de décor de théâtre frêle et peu profond qui se déploie comme un paravent à peine plus haut qu’un homme.
En apesanteur sur le fond d’or, les pans de mur ocre rouge et gris ne délimitent pas des volumes intérieurs ou extérieurs mais une sorte de corridor sans plafond et sans sol constitué par des espaces sinueux à la fois ouverts, semi-fermés ou repliés sur eux-mêmes. Marie se tient sous un dais qui pourrait faire penser à un trône royal. Au dessus et en dessous de Marie, derrière elle et à l’intérieur de la lucarne dont nous ne voyons qu’un petit croissant, la couleur noire donne à cette scène un aspect insaisissable, signe du Mystère de l'Incarnation.
Ce dispositif est particulièrement significatif d’un point de vue théologique : le pilier gris, ombré, constitue l’axe métaphorique de cette représentation, qui incarne le Verbe divin et sa dimension fondatrice. À travers la posture de son corps littéralement collé à ce pilastre et calé sur la limite extérieure du corridor et du tableau, Marie est soumise à la parole divine. À l’inverse, l’Ange a franchi la porte en ogive avec beaucoup d’assurance, il occupe tout l’espace et semble instaurer avec Marie un dialogue qui dépasse la dimension purement théologique : ils se tiennent debout face à face, non pas comme des personnages en représentation mais comme des êtres humains.

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