Décryptage XV - Annonciation
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Tryptique de Mérode ou Tryptique de l’Annonciation Crédits images : ©Web Gallery of Art 

Tryptique de Mérode ou Tryptique de l’Annonciation
Maître de FLEMALLE (Robert CAMPIN, dit le)


vers 1427 - 1432, Metropolitan museum of Art, New-York - USA 64,5 x 117,8 cm, Retable triptyque – huile sur bois

Triptyque de Mérode par Pierre Juhasz

Deux espaces enchassent la scène centrale de l'Annonciation : celui des donateurs qui assistent par la porte entrouverte à la rencontre miraculeuse et celui de l'atelier où Joseph travaille. Malgré quelques approximations, chaque partie est régie par une perspective qui unifie l'espace tout en conservant à chacune son autonomie alors qu'une communication s'établit entre les trois panneaux par le biais de l'espace de la représentation. Ces espaces d'apparence profane intègrent un symbolisme caché : les objets domestiques représentés dans le panneau central renvoient à la pureté de la Vierge, à sa piété, à la supériorité de la lumière divine et peut-être au mariage non consommé. De même, sur le volet de droite, la présence inhabituelle de Joseph, la souricière posée sur le rebord de la fenêtre, l'objet qu'il façonne, probablement un pare-feu, protection métaphorique de la virginité de Marie, font allusion à la doctrine augustinienne des Muscipola Diabolo, selon laquelle le mariage de la Vierge et l'Incarnation du Christ avaient été organisés par la Providence pour tendre un piège au diable.
Le Retable de Mérode, en présentant la rencontre de Gabriel et de la Vierge dans un intérieur flamand unifié, propose une nouvelle interprétation réaliste de l'Annonciation où se condensent, par le réseau figuratif, le sacré et le profane. En liaison au nouveau mode de représentation de l'espace, s'énonce un nouveau discours théologique.

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