Décryptage XV - Annonciation
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siecle 21
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L’ Annonciation Crédits images : ©Archives Alinari, Florence, Dist. RMN-Grand Palais / Georges Tatge 

L’ Annonciation
VINCI (Léonard de)


vers 1472-1475, musée des Offices - Florence 78 x 219 cm, Huile et détrempe sur bois

Annonciation par Pierre Fresnault-Deruelle

Gabriel est un personnage superbe, qui allie la grâce des figures de Botticelli (pour la tête) à l'élégance du vêtement tel que le traitera plus tard Caravage. Tout en tension - voyez l'S que dessinent le bras gauche et les ailes - l'Envoyé du Très-Haut salue aussi bien la Vierge qu'il assigne à celle-ci sa place dans la composition.
Marie affiche, quant à elle, un air détaché qui contraste curieusement avec les doigts crispés de sa main gauche posée sur le livre ouvert. Ajoutons que la Vierge est ainsi campée qu’entre ses genoux se dessine un triangle d’ombre : forme cryptée du bas-ventre qui constitue le « point aveugle » du Mystère de l’Incarnation.
Reliée à des lointains qu'idéalise le sfumato, l'Annonciation de Léonard affiche sa valeur universelle. Son tableau, qui est une sorte d'abrégé de la création, allie-t-il ainsi les cyprès et les ifs de Toscane aux géographies pittoresques de Piero della Francesca ou des maîtres du Nord. Entre l'« ici et maintenant » du premier plan et le « là-bas » fabuleux du fond de la scène, s'instaure un champ de contamination que renforce l'atmosphère générale du tableau : dans ce demi-jour, nous sommes au cœur de l'Évènement dont les répercussions vont gagner l'étendue de la terre entière.

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