Décryptage XVII - Annonciation
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L’Annonciation
POUSSIN (Nicolas)


1657, The National Gallery - Londres 105,8 x 103,9 cm, Huile sur bois

Annonciation par Pierre Fresnault-Deruelle

Au-delà de tout artifice : Marie, qui s'ouvre à Dieu.
Les signes, ostensibles, de la représentation théâtrale abondent : dans la présence du rideau derrière l'Ange, dans les gestes et les attitudes de Marie et Gabriel, dans le fait que ces derniers ont pris place sur un plancher de circonstance, et redoublé - pour ce qui concerne la Vierge - par une petite estrade censée marquer l'aire de la domuncula, etc. À tous ces signes s'oppose le fait que la peinture, en tant que telle, n'entend point sacrifier ses droits. À cet égard, la pièce de bois à l'avant scène, fixée sur le plancher vu en coupe, où sont gravés le nom du peintre et la date d'exécution de l'œuvre, est, à la fois, un objet en trompe-l'œil et le cartello d'un tableau.

L'artiste fait de cette Annonciation une sorte d'acmé : extatique, pour la Vierge, chez qui les exigences du quant-à-soi se sont trouvées partiellement abolies ; gestuelle et emphatique, pour Gabriel, dont les bras forment un angle, sur la bissectrice duquel se trouve l'oiseau divin.

L'œuvre, sublime, veut qu'au moment où la Vierge, ravie, semble ne plus s'appartenir, le Paraclet, ailes déployées, descende sur la future mère de Dieu. Consécration.

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