Décryptage XVIII - Annonciation
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Annonciation
MAULBERTSCH (Franz Anton)


1754, Musée du Louvres - Paris 81 x 52 cm, Huile sur toile

Annonciation par Pierre Fresnault-Deruelle

Descendant vers Marie de quelque grotte céleste, toute une population est là qui, spectaculairement, procède du Père. Gabriel, figure majeure entre toutes, a ceci de particulier qu’en suspension entre ciel et terre, il semble évoluer dans un éther propice au dépliement des membres comme au déploiement des matières.
Si Dieu est une figure quasi spectrale (voyez sa face mangée d’ombre et sa main de momie), son Envoyé qui a, lui aussi, les yeux cachés d’un bandeau de nuit, participe de la désinvolture des anges s’agitant alentour. Sa joue empourprée, que prolongent un nez et une oreille marqués du sceau de l’humour, est, au reste, la marque d‘un savoureux contraste avec le touchant mais convenu visage de Marie. Le Roccoco l’a emporté, qui a ramené la Grâce à ce qui n’est que le gracieux. Une lumière étrange émane de la Vierge, là ou les plages orange et bleu du vêtement se fondent en un jaune pâle surligné de blanc : le Verbe vient d’atteindre la future Mère de Dieu. Celle-ci, qui ouvre les bras en signe d’acceptation a déjà trouvé, dirait-on, la posture qui fera d’elle la femme honorée et comblée de la Nativité.

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