Détail du Jésus de Botticelli

L’Incarnation

Dans la lignée de la pensée juive, l’Incarnation est, pour les Chrétiens, la résolution du paradoxe de l’humanité depuis la Chute : être à l’image de Dieu mais ne plus pouvoir être de son monde. Le Dieu incarné est donc celui qui fait l’effort de s’humaniser, de vivre une vie d’homme, faite de souffrance et de mort, pour, en retour, donner à l’homme un modèle de vie divine possible. Ainsi le Christ est-il le Fils que le Père envoie sur Terre pour racheter les fautes des hommes – le Rédempteur -, au prix du sacrifice suprême. Le Jésus historique était un rabbin dissident par rapport au Sanhédrin de Jérusalem. Autour de son prêche s’est constitué un cas d’école : Jésus est-il le roi de Juifs, c’est-à-dire le messie, l’Oint, celui qui vient sauver le peuple d’Israël ? Les Hébreux n’ont vu en lui qu’un blasphémateur, ou un rabbin sectaire. (Le Christ pourrait être un Essénien qui ne suivrait pas la loi des Pharisiens) Les Mahométans le reconnaissent comme messie, mais nient sa nature divine. Les Chrétiens le voient comme le messie de nature divine. Pour justifier cela, une théologie et une légende vont être élaborées pour faire d’un condamné à mort un avatar du divin.

Analyse