Détail du retable de Jerez de Francisco de Zurbaran

Le Salut

Le Salut est, au sens théologique, le fait d’être sauvé de l’état de péché ou de souffrance dans lequel l’homme est supposé naître, ou d’être sauvé de la damnation qui serait la conséquence de cet état.
L’Annonciation promet bien le Salut puisqu’elle fait advenir le Sauveur ou le Rédempteur, c’est-à-dire cet homme providentiel qui, par le mérite de ses actions généreuses et par une abnégation absolue allant jusqu’au sacrifice de soi, rachète les fautes de l’humanité et sert de modèle éthique. L’Annonciation, verbale ou représentée, signale ce sacrifice du Sauveur et la finalité de ce moment par des éléments symboliques, comme la couleur rouge, en se contentant de préfigurer le Salut. Elle est donc la superposition, dans un même plan et dans un même instant, d’un dessein divin multiséculaire, accompli par l'Incarnation et la naissance de l’Oint qui vient sauver l’humanité, et d’une responsabilité humaine qui commence une ère nouvelle.
L’Annonciation est ainsi le révélateur de Jésus qui, comme Fils, est déjà présent dans le Père. C’est pourquoi les artistes exposent sa présence virtuelle dans l’Annonciation, sa présence actuelle s’intensifiant de la scène de sa naissance (la Nativité) à son triomphe posthume (la Gloire finale).

Analyse