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Chœur celeste

Il est composé d'une théorie d'anges, d'angelots, de putti aux petits corps d'enfants plus souvent nus que vêtus, qui sont associés aux têtes ailées des chérubins. Tous ces êtres, aux ailes inégalement déployées selon les nécessités particulières de la représentation, batifolent dans des rideaux de nuages, lutinent dans des nuées aux rebondis cotonneux, glissent au milieu de draperies flottantes (Rubens), dégringolent en grappe sur terre ou remontent vers la lumière divine (Titien, San Salvador), propulsés ou aspirés par le souffle divin.
Distribués de part et d'autre d'une trouée lumineuse centrale (Philippe de Champaigne), ou en écho à la position de la colombe du Saint-Esprit (Titien, San Salvador), leur mise en scène a pour but de suggérer la dynamique du vol, celui de l'Archange qui s'est introduit auprès de Marie, mais aussi de souligner le mouvement, la perturbation engendrés sur terre par l'irruption soudaine du divin dans le cours de l'histoire humaine. Le chœur céleste exalte l'Annonce et par son agitation participe à sa réalisation.
Dans leur accumulation excessive, l'ensemble formé par ces petits êtres aériens tend parfois à devenir un substitut de la Main de Dieu (Manus domini), cette main " performative " qui émerge des nuées pour envoyer ses rayons fécondants, ou la colombe du Saint-Esprit, en direction de la Vierge. À la Scuola San Rocco (Venise), Tintoret fait subir un traitement particulièrement original à cette version. Il fait " descendre le ciel sur la terre " par l'intermédiaire d'une sorte de guirlande composée d'une horde d'angelots nus démultipliés, qui, tel un " arc-de-ciel " arrimé à la colombe " filante ", pénètre horizontalement à la suite de l'oiseau dans la chambre virginale.

Analyse